06 mars 2019

Je serai le dernier homme...

David Coulon

J’avais ce livre dans mon viseur depuis sa sortie. Et je me demande pourquoi j’ai attendu jusqu’à la venue de David Coulon au salon de Nemours pour devenir l’heureux propriétaire de cet excellent roman noir. Oui car « Je serais le dernier homme » est un roman noir. Ok , avec un titre et une couverture pareil -toujours un excellent travail de Caroline Lainé - on pourrait penser qu’il s’agit d’un roman de Zombie. Bah ouai genre « je suis une légende » - « Je serais le dernier homme et je suis une légende » tu vois l’idée quoi. Et puis toi, tu n’imagines pas une meute de zombies gambader au milieu du champ de blé de la couverture ? Le pitch et simple, efficace et surtout kiffant. Un mec – il n’a pas de nom dans le bouquin – rentre d’une soirée passé avec sa maitrise alors que sa femme le pensait parti deux jours à Lille je crois pour un entretien d’embauche – Oui par ce que le pauvre vieux est au chômage suite à la fermeture de l’usine oui il bossait – Durant le trajet il renverse une femme et la tue. Comme il est bourré, il flippe grave et la fout dans son coffre – mauvaise idée ça – et à partir de là tout part en cacahuète. Tu ne le sais peut-être pas mais si le roman noir est ludique il est avant tout militant. Derrière le thème de la culpabilité - coupable d’avoir tué une femme, coupable de tromper sa femme, coupable de ne pas être capable de retrouve du boulot – j’en passe et j’en oublie surement - David s'empare des thèmes d'actualité pour mettre en lumière les dysfonctionnements de la société, la « résilience » du chômage et de la précarité de masse. Tu te souviens, au début de ma chronique je te parlais de zombie ? Les premiers films de zombies, dans les années 30, étaient une représentation de la classe ouvrière, avec ses chômeurs désespères trainant les pieds, presque sans but, asservie par une économie morose. Tu vois qu’il y a un lien quand même ? Je serai le dernier homme est roman surprenant, qui prend des chemins inattendus avec un personnage principal fort, même s’il a pas de nom ce qui est un sacré handicap pour trouver un boulot par exemple pour mettre sur son CV une atmosphère bien rendue pour au final un roman sombre et addictif. L’univers est désespérément noir. Pas d’espoir. Perversion, trahison, destruction lente mais inéluctable. Et tiens on va parler du style d’écriture. Parce que c’est quelque chose ce style ! C’est tout ce que j’aime et j’ai retrouvé des similitude avec celle d’un auteur, aujourd’hui réalisateur, qui a publié quelques romans bien noir au milieu des années 90, Guillaume Nicloux . On retrouve cette même plume, cette même écriture vive, incisive, nerveuse, cette même critique sociale derrière l’intrigue. Bref tu l’as compris, j’ai adoré ! je serai le dernier homme de David Coulon chez Lajouanie. Un roman policier mais pas que....

De quoi ça cause ?

Une petite route dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme bourré, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d'éviter les contrôles de police. Soudain un coup de feu. L'homme s'arrête, descend, tend l'oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette se précipite au volant et tente de démarrer... Courte échauffourée, il éjecte l'intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi-dénudé d'une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre ? Pourquoi le garde-t-il tentant tant bien que mal de masquer les odeurs putrides qui s'en dégagent ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

  Chronique publié le : 06 mars 2019
  Titre : Je serai le dernier homme...
  Auteur : David Coulon
  Année publication : 2018